• Andréa

Être high pour mieux oublier

Mis à jour : août 27



*Avertissement : Ce texte présente un sujet sensible qui pourrait offenser certains lecteurs. Je ne veux pas généraliser et je ne suis pas une experte. Je parle seulement de ce que j’ai vécu et de mon entourage que j’ai vu sombrer. Pour un auditoire averti.


J’ai voulu écrire sur ce sujet et je suis restée beaucoup trop longtemps figée devant mon ordinateur, me demandant si c’était trop cru, trop risqué, trop n’importe quoi. Et je me suis rappelée qu’un auteur m’a dit un jour d’écrire sur ce qui me faisait le plus peur, ce que je redoutais le plus d’écrire. Et quand j’y penses, il a probablement raison. Car si j’écris sur ce que tout le monde pense et veut entendre, ce sera inutile.


À quoi bon panser une blessure déjà guérie ?


C’est là que j’ai décidé d’écrire sur les tabous qui font peur à tout le monde. Mais pas à moi.


Car le courage, ça fait peur à nos démons.


L’adolescence, c’pas facile, on ne se mentira pas. Toi pis le moi, on le sait. On passe à travers une période où l’on change physiquement et psychologiquement, une période où l’on se construit à travers nos expériences : certaines mémorables, d’autres qu’on voudrait oublier. Les premiers amours, c’est toujours magique, mais, faut se l’avouer, ça brise notre p’tit cœur en 1000 morceaux et ça défait nos idéalisations de l’Amour. À travers les amitiés pas toujours sincères, l’anxiété de performance, la famille plus ou moins dysfonctionnelle, on essaye de se bâtir et de pas en ressortir trop écorché.


Pis des fois, on y arrive, mais la plupart du temps, on en ressort un peu égratigné sur les bords.


Ça commence souvent par le pot, de quoi de ben banal. Une «puff» pour expérimenter ou sous la pression de ses amis. Puis une autre. On a ben du fun à perdre le contrôle de son corps, à oublier le présent. Tout semble plus beau : les visages, la musique, la vie. Le sol tournoie à nos pieds, notre corps bouge au ralentit et on s’amuse.


Ça commence slow.

Jusqu’à ce que…

Ça déboule.

Que les « unes fois de temps en temps » deviennent « dès que c’est rough ».


C’est là qu’on perd le contrôle. Pis c’pas ben beau.

Dès qu’on feel pas top, c’est à nos côtés pour nous remonter le moral.


Et la drogue douce se transforme en drogue dure.


Pis j’te ferai pas la morale, car tu le sais que ça a des conséquences. T’es pas con(ne). Mais ce que je veux que tu te rappelles, c’est que t’es pas seul(e) là-dedans et que tu n’es pas la première personne à passer par là.


J’sais que la vie est dure par bout. J’te cacherai pas qu’Il y a eu des matins, je voyais la lumière par ma fenêtre et je me demandais si j’allais être capable de me lever. Des nuits où j’ai beaucoup trop pleuré.


Tu sais pas je suis qui. Je sais pas t’es qui. Je sais pas ce que t’as vécu, tu sais pas ce que j’ai vécu.


Mais je veux que tu saches que c’est possible de s’en sortir. Que t’es fort(e), qu’on t’aime. Pis si t’as pas assez d’amour pour toi, ben je t’en donne ben gros.


La nuit, quand ça fera trop mal, tu t’allongeras et tu regarderas les étoiles en te rappelant la chance que t’as de faire partie de cet univers.


Et moi, je penserai à toi qui se bat de son plus fort chaque jour.


Poète à l'eau de rose.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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