• Andréa

Ça va ?

Mis à jour : août 27



Quand on souffre de dépression ou d’autres problèmes mentaux, on se fait souvent demander cette fameuse question: Et puis, vas-tu mieux ? C’est tout d’abord une preuve qu’on se fait du souci pour nous. Ça vient du cœur et je le sais. Je ne pourrais pas le nier sauf que des fois, au lieu de me réconforter, de me faire sentir moins seule, ça fait totalement l'effet inverse. Ça me détruit, car, non, ça ne va pas. Non, ça ne s’est pas amélioré. Et je me sens mal et honteuse, car moi aussi j'aimerais que ça aille mieux. Mais je ne suis pas rendue là dans mon cheminement. La barre est encore trop haute pour que je l'atteigne.
Dis-moi, combien sommes-nous à porter des masques ? 
Combien sommes-nous à dire que ça va par principe, par habitude ?
Combien sommes-nous à cacher ce qu'on ressent réellement ?

Au lieu de mentir, je préférerais qu'on s'ouvre comme une petite fleur qui déploie ses pétales. J'aimerais qu'on se parle pour éviter le pire. Quand on est trop pris dans notre souffrance, on pense que c'est la fin. Avec un regard extérieur, on arrive à comprendre que nos pensées sont embrouillées par les émotions. Dernièrement, une connaissance s'est suicidée et elle a reçu une vague d'amour. Ses proches ont été dévastés et je suis sûre qu'ils lui auraient tendu la main si elle avait mentionné sa peine. Il suffit de parler.


Mais la stigmatisation envers la santé mentale est encore très grande, voir énorme. Malheureusement.


Mais je sais que ce n’est pas tout le monde qui veut savoir que j’ai tellement mal aujourd’hui, que j’ai envie d’en finir. Que j’ai tellement d’anxiété en moi que je n’arrive plus à sortir de chez moi. Que j’ai tellement un grand manque d’affection que je cherche de l’amour vide aux quatre coins de rue.


Mais je sais aussi que les gens qui m'aiment vraiment préféreront m'écouter et me serrer dans leurs bras que de pleurer devant ma tombe, le coeur rempli de regrets. Et c'est comme ça pour toi aussi.

Parfois, j’aimerais ça que mon masque tombe. Pouvoir affirmer haut et fort que non, ça ne va pas, que mes problèmes de santé mentale me torturent actuellement et que j’ai besoin de présence. Que j’ai besoin d’amour et de temps.

J’ai commencé une thérapie il y a un peu plus d’un mois et bien sûr que cela me fait du bien, mais non, je ne suis pas encore guérie. J’ai encore besoin de temps et d’efforts pour surmonter la tempête.

Je rêve du jour où l’on pourra parler de santé mentale comme on parle de Donald Trump au petit déjeuner en regardant les nouvelles notre café à la main. Je rêve du jour où je ne serais pas réprimandée pour ne pas être au top de ma forme, pour être malade.

Si seulement les gens savaient comment je me sens. Si seulement ils savaient à quel point j’ai parfois envie de prendre mon char de fugue et de me réfugier au fin fond des bois, sans adieux.



J’ai peur de ne pas gagner ma bataille cette-fois, mais je continue pareil.


- Andréa.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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