• Julie

Ça, c'est moi.

Mis à jour : juil. 1

Je ne suis pas un diagnostic. Je ne me définis pas par la médication que je prends ou les mots qui définissent mon état mental. Je suis moi. Une cicatrice sur un bras ne définit pas le bras, il s'agit d'une marque dans un parcours de vie. Voilà les miennes.


On me disait plutôt bizarre enfant. Moi, je me trouvais bien ordinaire. Je ne savais pas alors que j'étais introvertie. Les introvertis rechargent leurs batteries quand ils sont seuls, contrairement aux extravertis qui eux la recharge quand ils sont avec d'autres. J'étais sûre de moi.


À la préadolescence / adolescence, on me disait que mon nez était trop gros, mes dents trop avancées, mes vêtements pas à la mode. Je n'arrivais pas à prendre le transport en commun et dormir suffisamment dû à l'angoisse. C'est ici que commença mon périple avec l'anxiété. Je me trouvais ordinaire, trop ordinaire, je n'étais plus sûre de rien.

Mes parents se sont séparés, j'ai dû changer d'école. J'étais complètement isolée. J'ai tenté de mettre fin à mon mal de vivre. La seule et unique fois.


5 jours plus tard je rencontrais l'amour de ma vie.


13 ans plus tard. Mon père est hospitalisé et décède (de façon pénible). Concilier la maladie de mon père, le travail, mon état mental et celui de ma famille est trop lourd. Cette fois, la dépression, elle, est bien installée, elle s'est fait un nid douillet. Je pleure au travail pour ne pas le faire devant ma famille. Jusqu'au jour où j'ai craqué, j'ai demandé de l'aide. Pour la première fois de ma vie, j'ai compris que moi + l'aide des autres, est une addition et non une soustraction.


4 ans plus tard, la mère de mon conjoint décède. Il s'agit de ma deuxième mère. Ma famille y est bien entendu présente. Je pleure dans les bras de ma sœur, qui me dit pour me réconforter : "C'est assez, on en a perdu assez, on a besoin d'un break-là". Impliquant que c'était trop difficile, la mort de mon père et de ma belle-mère, que peu importe qui nous écoutait, de nous laisser une chance.


2 mois plus tard ma sœur s'est enlevée la vie. Ses enfants l'ont trouvée. Leur père les rassure au téléphone, il viendra les rejoindre. Mais il n'arrive pas. Il n'arrivera pas. Les policiers sur place leurs annoncent qu'il est décédé dans un accident en chemin.


Dans les mois qui ont suivis, j'ai perdus 3 tantes et un cousin (par suicide aussi).


C'est trop. Trop en même temps. On en a perdu assez. J'ai besoin d'un break.


Cette fois, je ne le ferais pas seule. Cette fois, j'avais droit à l'erreur. Cette fois, je prendrais toutes les additions que j'aurais besoin. Ce seront ces ressources qui me mèneront à comprendre ce qui se passait et qui j'étais. Les cauchemars, les crises de panique seulement en m'imaginant retourner chez ma sœur, craindre, angoisser que les gens autour de mois meurent, sans arrêt. Le SSPT (Syndrome de Stress Post-Traumatique) venait de s'introduire dans ma vie.


1 an plus tard j'ai subi une chirurgie d'un jour. Tout ce qui pouvait mal tourner a probablement mal tourné. J'ai été hospitalisée 2 semaines et demi. Aujourd'hui, tous maux inexpliqués est source d'une crise de panique. Mais je ne désespère pas, parce que j'ai des outils.





Aujourd'hui je suis redevenu la fille bizarre, qui dit toujours ce qu'elle pense, que vous aimiez ça ou non.


Julie.




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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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