• Julie

À l'aide...

De l'aide, y'en a pas, à moins d'insister. Parfois, on n'a pas la force ni toute sa tête pour insister. Le 15 avril 2017, ma soeur s'est suicidée, son ex-conjoint est décédé dans un accident de la route en chemin pour consoler ses enfants (18, 20 et 22 ans) qui avaient découvert le corps de leur mère.


Dans les médias, on a parlé pas mal du décès de mon ex-beau-frère. Son décès à elle, par suicide, est passé complètement sous silence. On n'a pas parlé non plus du fait que malgré que ma soeur travaillait pour la Commission des Lésions, elle n'a eu que des rendez-vous avec une travailleuse sociale avant de s'enlever la vie. Le 14 septembre 2018, j'ai eu ma dernière session avec une psychologue fournie pas le CISSS de ma région. Une perle. Les sessions avaient commencées en janvier.


En novembre 2019, c'était trop, j'ai demandé à mon médecin de famille un billet pour retourner consulter au CISSS parce que le 24 septembre 2018, j'avais subi une erreur médicale, me causant un choc post-traumatique. J'ai reçu l'appel d'une infirmière du CISSS en janvier 2020 : 1 an. On m'a annoncé que j'allais devoir attendre 1 an avant de pouvoir consulter un(e) psy. À quelques reprises, je discute avec cette même infirmière pour des suivis sur mon dossier : "Avez-vous une autre alternative à me proposer en attendant?"



Elle : "Je ne sais pas vraiment... avez-vous faites des recherches sur internet?"


J'appelle le Centre de Prévention du Suicide. Ils avaient pu m'aider au décès de ma soeur, peut-être pourront-ils m'aider à nouveau?

"Oui! On peut vous aider..."

On me rappelle...

"je m'excuse, je me suis prononcée trop vite, on ne peut que vous offrir de l'aide par téléphone..."


J'ai dû envoyer une trentaine de courriel à des organismes différents pour obtenir de l'aide.

Mars 2020 : J'ai une première consultation chez l'organisme Ainsi Soit-Elle; JE les ai contacté, J'AI pris le rendez-vous, JE les ai trouvés. Mon 2e rendez-vous devait être 2 semaines plus tard, la pandémie a tout changé.

Avril 2020 : je reçois un appel de la psychologue que j'ai eu au décès de ma soeur (CISSS). Ayant insisté pour la ravoir, elle a repris mon dossier. Les rendez-vous se feront en téléconférence (Zoom). Ils ont débuté 15 jours plus tard.

Je suis parmi les chanceux(ses) qui n'auront pas attendu 1 an, mais j'ai dû m'acharner pour avoir cet aide. Personne ne devrait s'acharner pour recevoir de l'aide. Au risque de me répéter: parfois, on n'a pas la force ni toute sa tête pour insister.


Julie.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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