• LMM: Elle aime même

À force d'accumuler, on finit par voir le fond

Une mère fatiguée, une batterie déchargée. À quel moment est-il raisonnable de se dire qu’on est arrivé au bout du rouleau? À quel moment on répond « Non » à la question: « Comment ça va? » Quels sont les signes de la dépression? … et surtout, est-ce que j’ai le droit de me sentir aussi fatiguée, aussi amorphe?

Une mère (ou un père) en surcharge cognitive ne prend pas le temps de …prendre le temps. Il faut penser aux devoirs, au cours de sports, à l’épicerie, au ménage, au terrain, à payer les comptes, à faire la cuisine, à faire le lavage, aller chez le vétérinaire, prendre les rendez-vous chez le médecin… juste à écrire toutes ces tâches je suis épuisée…

Ce jour est arrivé. Je ne pensais pas arriver à ce stade dans ma vie. J’étais de ces personnes qui jugent les gens en dépression (Ne me jeter pas de pierres svp). Je me pensais au-dessus de ça. Moi, la fille positive qui a la force d’affronter toutes les épreuves. Mais un jour je me suis effondrée… Je voyais bien que ça n’allait pas. J’essayais de reprendre mon souffle durant ces trop courts week-ends. Je me suis séparée d’une relation toxique et il a réussi à m’anéantir encore plus durant notre séparation. J’ai donc flanché.

Un jour, je me suis effondrée au travail. Je me suis mise à pleurer et incapable d’arrêter. Une amie m’a prêté main forte. Le lendemain, j’étais chez mon médecin qui me connait depuis plus de 20 ans et elle a tout de suite vu que je n’étais plus l’ombre de moi-même. Quand elle m’a demandé comment j’allais, j’ai enfin été capable de dire la vérité.« Non, ça ne va pas, je suis épuisée et n’arrive plus à être fonctionnelle». Je tremblais de tout mon être en disant ces paroles. Je me sentais déjà un peu plus légère, car on m'avait entendue, moi qui n'osais pas dire que ça n'allait pas. Donc, je suis donc ressortie avec un papier qui était écrit dessus «Dépression». J'étais devenue la personne que je jugeais...et oui, moi, la fille forte...là j'ai touché le fond solidement en plus.


Peu à peu, j'ai pris du repos. J'ai consulté pour savoir comment m'en sortir. J'ai pris la médication qu'on m'a suggérée. ET j'ai enfin pris soin de MOI. Pour une fois dans ma vie, j'ai compris que j'en valais la peine et j'avais le droit de penser à moi. J'ai dormi. Ça faisait depuis la naissance de mon premier enfant que je n'avais pas dormi plus de six heures par nuit et il va avoir 16 ans bientôt. Je me suis écoutée, j'ai fait des choses que j'aime, j'ai pris les moyens pour en avoir moins sur mes épaules et j'ai remonté la pente peu à peu. Aujourd'hui, je suis de retour au travail, mais je suis toujours à l'affût des signes avant-coureurs du retour de cette fameuse dépression. Je profite enfin de mes week-ends pour faire ce qui me tente et non ce qui doit être fait.


Penser à soi est plus qu'important avant d'atteindre ce fond. Merci chère «Dépression», j'ai appris la leçon!


LMM.

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© 2019 par Une Tempête à la fois.

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